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Monflanquin. Journées médiévales: «L’Orient et l’Occident, le retour des Templiers»

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La bastide monflanquinoise a à peine rangé les pupitres des musiciens qu’elle se tourne totalement vers la période médiévale pour ses journées historiques tellement réputées. Ce sera les 15 et 16 août avec pas moins d’une vingtaine d’intervenants, troupes d’animation médiévale, artisans, personnages « d’époque », estaminets, marché du Croissant et autres. Les rues seront animées à la manière d’antan : musique, saynètes, marché et camp médiévaux, parades, banquet, contes, bataille… Vendredi 14 août : 21 heures en l’église concert aux couleurs du Moyen-Âge et à 23 heures places Artsd Pablos médiéval . Samedi 15 août 11 heures parade avec les acteurs des Médiévales, 12 heures ouverture du camp sur la Cap del Pech place de l’église avec animations permanentes, tente de Nasrédine, bataille des Templiers, à 12 h 30 grande parade et à 21 heures banquet médiéval animé avec entres autres numéros un spectacle de feu (20 euros par adulte avec vin, 12 euros enfants -de 12 ans) participation costumée souhaitée ! (location de costumes possible toute la journée auprès du GEM salle d’Aquitaine adulte 25 euros et enfants 15 euros). Au menu : pâté de canard à la sauge, poulet aux pruneaux champignons sautés aux épices, tourte aux pommes. Réservation obligatoire tel.05 53 36 40 19 et 05 53 71 18 85. Dimanche 16 août 10 heures parade et animations de rue, 11 heures ouverture du camp d’Orient, 14 heures, 15 h 45 et 18 h 13 contes du Sultant, 16 heures et 18 heures bataille des Blancs Manteaux, 19 heures honneur aux armes, 21 h 30 grande parade finale avec toutes les compagnies costumées, 23 heures spectacle de feu place des Arcades. Bien évidemment Janouille sera de la fête et fera visiter la bastide à 16 heures, départ devant l’office de tourisme.

Hôstellerie et SPA : Le Château de la Commanderie***

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Le Château de la Commanderie, hôtel 3 étoiles à Grenoble, ouvre le premier SPA sur l’agglomération et cela après de nombreux travaux de réfection et d’extension.

Ancienne hospitalerie des Templiers puis haut lieu des chevaliers de Malte, le Château de la Commanderie est la propriété de la même famille dauphinoise depuis 1891.

M et Mme de Beaumont, les actuels propriétaires, comptent en effet parmi leurs ascendants Claude Perrier, seigneur de Vizille, qui organisa l’Assemblée des 3 Ordres dans la salle du Jeu de Paume et initia la Révolution Française, un co-fondateur de la Banque de France, plusieurs députés de l’Isère, un Premier Ministre de Louis-Philippe (Casimir Perrier) et même un président de la IIIème République (Jean-Casimir Perrier) ! Sans oublier Chaper, grand bibliophile français, ami de Stendhal et propriétaire du manuscrit de La Chartreuse de Parme !

Fort de ce passé, le Château a su miser sur l’avenir afin d’offrir à ses hôtes le meilleur du XXIème siècle : 15 nouvelles chambres très «déco» ; un espace détente avec hammam en émaux de Briare, sauna, bassin de nage, Jacuzzi, salle de fitness ; un espace « Affaire » pouvant accueillir plus de 100 personnes dans les meilleures conditions. Ce qui lui vaut le label recherché, « qualité Pro » décernée par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Grenoble.

Selon l’adage, «pas de grand hôtel sans Grand Chef», le Château de la Commanderie met en vedette Rui Rouxinol. Sa cuisine qui fait la part belle aux richesses naturelles de la région est inventive et reste accessible.

M et Mme de Beaumont s’attachent aussi à préserver une qualité environnementale enviable et enviée : un château de charme, au coeur d’un parc arboré et magnifiquement préservé des attaques du bruit et du temps.

Château et SPA de la Commanderie – 17, avenue d’Echirolles – 38320 Eybens-Grenoble – Tél : 04 76 25 34 58 – à 5 minutes du coeur de la cité.

Le Dernier Templier

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Raymond Khoury et Lalor Miguel nous proposent une nouvelle saga d’un style très à la mode ces derniers temps.

Voici le synopsis :

“New York, Metropolitan Museum of Art. Alors que les personnalités de la ville se pressent à l’exposition sur les trésors du Vatican, quatre cavaliers en costume médiéval pénètrent dans le musée où ils sèment la terreur. Tess, une archéologue qui assiste à la scène, entend l’un d’eux prononcer une phrase mystérieuse (« Veritas Vos Liberabit ») qui la conduit sur les traces des fameux Templiers dont la fortune supposée continue d’enflammer les imaginations. Sean Reilly, un sympathique agent du FBI, mène l’enquête. Et si le trésor des Templiers n’était pas qu’une légende ?”

Dessinateur, Mike Lalor, il n’est autre que Miguel, déjà remarqué dans la série Myrkos écrite par Jean-Charles Kraehn – un clin d’œil à Myrkos se cache d’ailleurs dans cet album… Raymond Khoury quitte le Liban pendant la guerre civile de 1975 pour s’installer aux États-Unis. Il retourne à son pays natal et termine ses études d’architecte avant de devoir le quitter de nouveau, cette fois pour la France, où il etudia la finance à l’INSEAD (Fontainebleau), puis pour Londres et ses banques d’investissement. A force de s’ennuyer, il délaisse le monde des affaires et se lance dans l’écriture de scénarios (la série MI-5, c’est lui !) et de romans. Son premier livre, Le Dernier Templier, conquiert un vaste lectorat. Son adaptation télévisée, une mini-série avec Mira Sorvino et Omar Sharif, doit être diffusée sur M6 en 2009. Miguel Lalor, alias Miguel, est un grand admirateur du Major fatal de Moebius et de Leo, l’auteur des mondes d’Aldebaran (auquel il rend hommage dans ce premier tome du Dernier Templier). D’origine brésilienne, il étudie aux beaux-arts et travaille au Portugal chez un éditeur avant de s’installer à Paris – comme Leo quelques années plus tôt – avec une seule idée en tête : réussir dans la bande dessinée. De sa rencontre avec Jean-Charles Kraehn naîtra la série Myrkos (éd. Dargaud).

 

Série : Le dernier templier

Auteur : Raymond Khoury et Lalor Miguel

Prix : 13.50 €

Date de sortie : 13/03/2010

Nombre de pages : 48

Catégorie : Divers

Type de reliure : Album cartonné

Éditeur : Dargaud

L’honneur de René Guénon et l’Orient Orthodoxe

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L’honneur de René Guénon est d’avoir eu raison contre son temps, mais aussi de n’avoir pas dévié du sens de sa mission ; à savoir : “réorienter” ce qui pouvait l’être dans le monde moderne. Le fait de constater que, à strictement parler, la modernité est, en fait, “l’occidentalité” elle-même a déjà été largement débattu et, si d’aucuns, lecteurs attentifs de Guénon, ont pu juger opportun de déclarer que la vision guénonienne de l’Orient était par trop partiale, voir partielle et subjective, il n’en demeure pas moins incontestable que, ce qu’il y a de “moderniste” dans les civilisations orientales depuis une centaine d’années a, bel et bien, pour origine l’Occident, au sens le plus large.

Outre cette réserve, il est également de bon ton aujourd’hui, que chacun de ceux qui se mêlent d’écrire sur et autour de la Tradition, y aillent de son petit paragraphe “personnel” sur l’erreur de Guénon, c’est-à-dire son “analyse” du Christianisme et de l’ésotérisme chrétien en particulier.

Il semble bien, en effet, qu’un certain nombre de lecteurs de René Guénon connaissent quelque troubles dans leur “tentative” de concilier christianisme et “guénonisme”, comme si l’un et l’autre pouvait avoir une commune mesure.

Nous voudrions rappeler ici, tout d’abord, deux données essentielles. Primo, c’est la plus simple à dire et à entendre : le “guénonisme”, précisément n’existe pas et n’a pas même à exister. René Guénon a “appelé” ceux qui le pouvaient à reprendre un contact vivant avec leur, ou une, tradition vivante. Il a exposé très clairement, et magistralement selon nous, pourquoi et comment ! Secundo, il a, précisément, exposé et explicité cela à l’intention particulière des “occidentaux”. On a déjà, et avec force raison, écrit, et dit, que l’œuvre de René Guénon était inutile, voir superfétatoire, pour, par exemple, un moine de l’Athos, un initié soufi ou taoïste ou encore un lama bouddhiste. Tout au contraire est-elle strictement nécessaire aux occidentaux qui, en toute logique, devraient être chrétiens …

Le problème, si c’en est un, est justement là ; car, lorsque René Guénon écrivait et vivait encore en France, que lui fut-il donné de rencontrer en la matière ? Des chrétiens certes, mais d’une part Francs-Maçons, gnostiques, “hermétistes”, symbolistes ou occultistes et, d’autre part néo-thomistes … Et, René Guénon, “témoin et passeur de la Tradition” d’écrire pour ou contre ces gens-là très spécialement. Négativement pour opposer à toutes les influences délétères la clarté des enseignements sapientiaux ; positivement pour rappeler énergiquement l’aspect proprement essentiel, donc éminemment vital, de ces enseignements.

En toute logique, si cela devait être fait c’est qu’il manquait bien quelque chose ! La confusion des ordres et des domaines résultait bien de ce manque cruel. Et nous pouvons affirmer avec René Guénon que ce qui manquait c’était bien, en définitive, le sens de la Tradition, sa présence et le lien qui y unit. Quand à savoir d’où et de quand provenait cette perte … la réponse aussi faisait défaut !

L’Orient est vaste. Celui auquel s’abreuva René Guénon fut celui de l’Inde, celui de la humma musulmane, du Taoïsme aussi … mais il y manqua celui de l’Orthodoxie ! Lui en faire le reproche aujourd’hui serait abusif et ce, d’autant qu’il avait, par ailleurs, judicieusement cerné les causes du problème soulevé par la compréhension de l’ésotérisme chrétien en Occident.

Il semble bien, en effet, que le passage d’une tradition “polythéiste” à la voie “monothéiste” n’ait pas été vécu aussi douloureusement en Grèce, puis dans les pays slaves, « lorsque Byzance répandit la flamme de la foi dans l’espace hyperboréen », pour reprendre l’heureuse formule de Serge Boulgakov ; qu’il le fut en Occident où, par ailleurs, il advint que, plus tard, le christianisme s’incorpora, plus qu’ailleurs le légalisme romain. Avant même l’avènement glorieux de la voie christique, toutes les initiations plus ou moins orthodoxes, se tenaient, à Rome, face à ce “légalisme politico-religieux” et opposaient à son ritualisme, certes nécessaire, les voies spirituelles visant rien moins qu’à l’intériorisation, par chaque initié, de l’enseignement le plus subtil des religions.

L’Eglise, de par sa vocation “universelle”, vocation “unifiante”, dût donc trouver et tâcher de conserver un subtil équilibre entre “religiosité politique et légaliste” et voie spirituelle vivante et doctrine “intériorisante”. Deux attitudes s’affirmait qui ne tardèrent pas à s’opposer, jusqu’à la rupture … « la robe sans couture fut déchirée » !

Dans son ouvrage, Le Graal roman[1], Nikos Vardhikas, pressent bien le mythe et les légendes du saint Graal comme un ultime soubresaut de la Tradition indivise … L’origine celtique, aujourd’hui reconnue, de ces légendes semble donner raison à ce pressentiment. En effet, les Eglises dites celtiques, gardèrent, par delà le respect et l’obéissance du à Rome, de profonds rapports avec l’Eglise d’Orient et sa théologie. Le Grec fut, par exemple, à égalité avec le Latin, la langue de diffusion de la théologie en Irlande (certaines paroisses pratiquaient même des Liturgies en langue grecque …)[2] …

On connaît assez les différents qui opposèrent les tenants de la tradition “romaine” et ceux de l’irlandaise (ou celtique), sur la date de Pâques, la Liturgie et même la conception du monachisme … mais on constate trop peu souvent que c’est après l’acceptation des normes “romaines” que commencent à fleurir les légendes arthuriennes, c’est aussi peu de temps après le grand schisme[3] … Mais nous trouvons également dans cette continuité les origines, admises par certains, de la Franc-Maçonnerie organisée[4], que l’on lie, le plus souvent, et sans “preuves tangibles”, avec l’Ordre du Temple … Mais, nous n’aurons pas ici le temps d’aller plus loin dans cette voie. Toutefois, nous voulons, précisément attirer l’attention de nos lecteurs sur ce point que, René Guénon, avait, bel et bien raison de reconnaître l’ésotérisme chrétien dans le foisonnement de ces récits … ce qui manqua ce fut l’essentiel, à savoir la possibilité de revivifier l’enseignement qu’ils contenaient. Mais, les choix faits par l’Eglise d’Occident, au lieu de ramener à Elle et en Elle ces précieux enseignements, les en éloignèrent plus encore, et ceux-ci se cristallisèrent dans des formes diverses, selon les milieux rencontrés pour aboutir à l’opposition flagrante d’un exotérisme et d’un ésotérisme, tous deux se figurant être “absolu et unique”[5]. Et, cela René Guénon l’a constaté ! Ce que certains lui reprochent aujourd’hui tient au fait de cette réalité historique et spirituelle … l’honneur de René Guénon c’est aussi d’avoir tenu compte de ces réalités-là dans la perspective et la mission qui étaient siennes …

Afin d’étayer notre propos nous voudrions nous arrêter sur la notion de “Paternité spirituelle”. En effet, si René Guénon a continuellement insisté sur l’importance de la transmission traditionnelle de la spiritualité la plus pure, ce n’est pas un hasard et, si cette notion se trouve, bien que parfois masquée par des développements aventureux, au cœur des récits arthuriens ce n’est pas, non plus, par hasard …

Or, la spiritualité Orthodoxe, à toujours offert la possibilité de l’épanouissement de cette notion primordiale.

Les conseils des différents ermites aux chevaliers, dans les récits arthuriens, s’apparentent tous, de près ou de loin, à la tradition des la prière perpétuelle et de la théosis. Ces saints personnages, en tout cas, ressortissent bien de l’image couramment admise du “Père spirituel”.

Ignace Brianchaninov appelle la paternité spirituelle : le « sacrement de filiation ». Il précise d’ailleurs, en accord avec la tradition Orthodoxe, qu’un Père spirituel n’est pas « un maître qui enseigne mais un “père” qui engendre ».

En outre l’Eglise reconnaît, dans son usage du mot “père” deux traditions distinctes : d’une part la “paternité fonctionnelle” (qui remonte à saint Ignace d’Antioche) qui fait que l’on appelle “père” tout Evêque ou prêtre en fonction de son sacerdoce ; d’autre part la “paternité spirituelle”, proprement dites, qui remonte aux Pères du désert, moines ou laïcs (saint Antoine, par exemple, était un laïc). Plus proche de nous dans le temps, Paul Evdokimov rappellera, quant à lui, que la condition essentielle qui légitime un Père spirituel c’est « d’être d’abord devenu soi-même pneumatikos ». Saint Syméon le Nouveau Théologien disait lui : « Pour donner l’Esprit Saint il faut l’avoir ».

Il se révèle donc, à travers cet usage du terme “père”, deux pratiques qui rejoignent ce que René Guénon nommait, faute de mieux, de son propre aveux, l’exotérisme et l’ésotérisme ou, la religion fonctionnelle et la voie spirituelle d’intériorisation, d’indentification et d’Union, les deux n’étant, dans ce cas, nullement en contradiction ou en opposition l’une avec l’autre[6].

Paul Evdokimov rappelait également, et fort opportunément, que, selon les Pères : « tout croyant peut se faire “moine intériorisé” et trouver l’équivalent des vœux monastiques, exactement au même titre, dans les circonstances personnelles de sa vie, qu’il soit célibataire ou marié ». Ce qui est parfaitement affirmé par l’Eglise d’Orient pour laquelle tout baptisé passe, lors du sacrement de l’onction chrismale, par le rite de la tonsure qui le consacre entièrement au Seigneur. Ce rite, analogue au rite monastique, invite chacun à retrouver le sens du monachisme “intériorisé” que le sacrement enseigne à tous mais que tous ne peuvent réaliser …

Ces minces réflexions s’ajouteront, nous l’espérons, aux notes sur l’Hésychasme de Michel Valsan, et contribueront, si Dieu le veut, à faire apparaître que, contrairement à ce qu’une actuelle tendance, en Europe occidentale, voudrait faire accroire, la “pensée” traditionnelle revivifiée par René Guénon, ne s’oppose en rien à la véritable tradition chrétienne, mais que, bien au contraire, celle-là pourrait, fort opportunément, éclairer celle-ci (dans l’aire occidentale) sur ce qu’elle a manqué de conserver au cours de son “évolution”.

En conclusion, tout ceci démontre bien, nous semble-t-il, à qui connaît, en profondeur le message de René Guénon, à quel point ce dernier est tout à fait conforme à la tradition “orientale” du Christianisme !

(Paru, en roumain ; « Meritul lui René Guénon si Orientul Ortodox » in Oriens, Studii traditionale, Niome si Rostiri René Guénon, Edition Aion, 2006.)

[1] Nikos Vardhikas, Le Graal roman, 1997, Jean Curutchet / Editions Harriet…

[2] Par exemple le grec dit littéralement “triade” pour Trinité … ce qui ne devait pas manquer de constituer un attrait particulier pour les premiers théologiens et mystiques de l’Eglise d’Irlande

[3] La théorie des deux Glaives et la conception même d’un saint Empire, sont étrangers aux doctrines traditionnelles des Celtes. La conception celtique de l’Autorité spirituelle et du Pouvoir temporel fut bien plus proche de celle de l’Empire Byzantin et de la symphonie des Pouvoirs. Les traditions romaines et germaniques, dominées par une spiritualité à forte connotation kshatriya, ont imposées leurs perspectives dans les domaines spirituels et temporels. Elles ont forgés l’Occident !

[4] En Ecosse, par ailleurs, pays aux origines celtiques …

[5] Si le Pape, possède bien les attributs de Janus, dieu des initiations, pourquoi donc celles-ci devraient avoir besoin de s’organiser hors de l’Eglise, cherchant une arche autre que l’Arche ? Les évêques Orthodoxes, choisis parmi les moines, ont conservés sur leurs bâtons pastoraux le Caducée … symbole « hermétique » et, donc, ésotérique s’il en est …

[6] « Nous dirons, en précisant, que si un mystère n’est pas un secret, cela est particulièrement vrai du mystère chrétien, continuant la condition même du Dieu Incarné, à la fois offert dans sa plénitude à chacun, et invisible pour ceux qui ne le voient pas. On est, essentiellement dans un autre univers que celui de la doctrine ésotérique protégeant, par une initiation secrète, sa “vérité universelle” contre les psychiques et les hyliques. La distinction, elle-même extérieure, entre ésotérique et exotérique, est dépourvue de sens ici, car il ne s’agit plus d’une continuation cachée et niant le temps d’un passé sacré, mais d’une continuation de Présence, à chaque instant créatrice et vivifiante, – on dirait d’une contemporanéité de l’Esprit. ». Monseigneur André Scrima, cité in « Etudes et documents d’Hésychasme », Michel Valsan, Etudes Traditionnelles.

by Thierry Jolif

Un lieu où souffle l’esprit

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Passionné de vin et d’art moderne, Philippe Austruy a repris en 2001 cet ancien domaine des Templiers. Et en a fait un musée à ciel ouvert habité par la vigne.

S’il est vraiment des lieux où souffle l’esprit, Peyrassol en est comme une capitale. Car l’histoire de ce vaste domaine installé sur des centaines d’hectares entre Flassans-sur-Issole et Le Luc-en-Provence sonne comme une succession d’exceptions. Commanderie de templiers dès le début du XIIe siècle (on y produisait déjà du vin), puis propriété de l’ordre souverain de Malte jusqu’à la Révolution, il passa alors dans les mains de la famille Rigord, qui ne devait s’en séparer qu’en 2001. Au profit d’un entrepreneur littéralement fou de vins… et d’art moderne. Mais si Philippe Austruy a passé sa vie à se donner les moyens d’assouvir ses deux passions, son appartement parisien aux murs couverts de toiles originales n’y suffisait plus.

L’opportunité d’acquérir la commanderie de Peyrassol fut donc pour lui une aubaine. En quelques jours, un vent nouveau souffla sur le domaine, réveillant les pierres et la terre de leur léthargie séculaire : pelleteuses, bulldozers et grues de chantier pour creuser, ériger ou déplacer, artisans et artistes pour restaurer et réhabiliter là une salle des gardes, ici une chapelle, rien ne fut refusé à la renaissance du domaine, tant pour les bâtiments que pour la qualité des vins. Simultanément, la vieille commanderie se transforma en un espace d’exposition gigantesque. César, Arman, Adami, Matta, Venet, Uematsu, Tosello, Lalanne et quelques autres encore ont ainsi installé leurs oeuvres, qui au coin d’un bois, qui entre deux parcelles. Et cet été, le plasticien Jean-Pierre Raynaud réalise une terrasse entièrement originale pour l’un des quatre « cabanons » de pierre, sans doute aussi anciens que le domaine, qui, restaurés et aménagés, seront bientôt proposés comme chambres d’hôtes.

Les deux passions de Philippe Austruy ont évidemment un lien commun : l’amour de l’art. C’est ainsi en effet qu’il aborde aussi le vin. Pas question évidemment de renoncer aux avancées de l’oenologie et de la technologie mais, de la taille hivernale jusqu’à la mise en bouteilles en passant par la vendange (manuelle, évidemment), la vinification, et l’élevage (en barriques pour les cuvées du château, en cuves pour celles de la commanderie), on souligne d’abord ici le geste de l’homme et son savoir-faire ancestral. Ainsi, déjà réputés, les vins du domaine ont encore fait d’indéniables progrès. Dans les trois couleurs, bien sûr : pas question pour l’artiste de se priver d’une seule partie de la palette !

in Lefigaro.fr

UN PETIT TOUR ENTRE LES TOURS

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La Rochelle est riche de son passé. Petit inventaire de ses trésors d’Histoire.

Il existe mille façons de découvrir La Rochelle. Se laisser aller entre le port et les ruelles de la vieille ville, entre les tours et les venelles, suivre les indications d’un guide touristique ou bien encore se perdre au hasard, en faisant confiance à sa bonne fortune, à son instinct. Il est aussi une autre manière d’envisager la ville, sous un abord plus insolite, qui mêle la grande Histoire à la vie quotidienne, l’épopée à la douceur des jours. C’est celle que nous avons choisie de suivre, pas à pas, traversant les siècles comme on le ferait des boulevards, des avenues, obéissant presque à la formule de Paul Morand : « Un continent par jour, voilà notre foulée. »

Les tours. Tout commence, évidemment, au pied des célèbres tours. Ou plutôt, au sommet et sur la coursive de l’une d’entre elles, la tour de la Chaîne, qui permet d’embrasser une vue panoramique sur le port tout entier. Bâties entre le XIIe et le XVe siècle en pierre calcaire de Crazannes, qui arrivait en radeau jusqu’au port, elles témoignent encore à la fois de la richesse de la ville qu’il fallait protéger et de son esprit d’aventure qui la portait vers le grand large et les lointaines découvertes. La tour de la Lanterne, dite des Quatre Sergents, a notre faveur. Non parce qu’elle fut vite dévolue à l’emprisonnement des corsaires, mais parce que sa vocation première était d’éclairer l’entrée du port à l’aide d’une bougie placée dans une lanterne, d’où son nom d’origine. On l’aime aussi beaucoup pour les graffitis tracés là par les prisonniers, messages ou dessins, histoires vivantes. A l’instar de la flamme, repère dans la nuit…

Dragon. On quitte le port avec en tête l’image des transporteurs, des négociants, des dockers qui firent sa fortune, les odeurs d’épices et de sueur, le retour des îles, le regard éperdu des esclaves aussi… On se rappelle qu’à l’origine les Rochelais sont négociants, armateurs, mais pas marins. Ce sont des Bretons qui tenaient la barre des navires.

Un peu plus loin, le cinéma Dragon raconte une histoire particulière. Dans les années 1750, un jeune boulanger s’installe à La Rochelle. Il rencontre rapidement une jeune veuve de 24 ans, qui vit seule avec sa fille. Ils se marient, une seconde fille naît très vite. Une épidémie viendra fracasser leur bonheur. Les deux enfants meurent. L’homme ne supporte plus La Rochelle, ils partent s’installer à Saint-Domingue, où ils achètent une plantation de café, qu’ils exploitent pendant plus de vingt-cinq ans avant de revenir, riches, pour acquérir cette maison et vivre de leurs rentes.

Peseur d’or. Le 36 quai Duperré ouvre sur la cour intérieure d’un peseur d’or. Car La Rochelle abrita longtemps, avant le règne d’Henri IV, un atelier monétaire. Aujourd’hui encore, on trouve ici un lieu magique, dirigé par Alain Bailly et consacré à la numismatique. Des collectionneurs du monde entier s’y pressent.

Hôtels particuliers. A la sortie du passage Duperré, les différentes modénatures des façades sont une leçon d’Histoire à elles seules. Trois périodes s’y côtoient. Médiévale, d’abord, avec des maisons à colombages, structures de bois, toits d’ardoise et pignons perpendiculaires à la rue. Puis, le style Renaissance s’impose, rue du Temple, avec ses pierres sculptées et décorées, ses toitures de tuiles. Enfin, le XVIIIe occupe l’espace avec ses hôtels particuliers, symboles de pouvoir et de prospérité des négociants. Tout cela est intact, vivant, car La Rochelle eut la chance de ne pas être bombardée pendant la dernière guerre. On s’arrêtera devant les boutiquiers de la rue Chaudrier, puis près de la grande horloge qui la borne.

Cour des Templiers. Un peu plus loin nous empruntons le passage de la Commanderie, qui mène à la cour des Templiers… Entre 1150 et 1300, alors que le port n’existe pas encore, les Templiers s’installent à La Rochelle. Organisation multinationale et secrète, elle apporte de la richesse à la ville en organisant la production de céréales et de viande. Car c’est d’ici que les Templiers envoient le blé et la viande séchée afin d’approvisionner les croisades. Une porte murée surplombée de la croix templière témoigne encore de leur présence.

Projet de fortification. En suivant à main droite la rue des Templiers, on découvre avec bonheur, au numéro 6, l’antre de M. Reynaud. La rumeur des âges. Pas d’inscription au fronton, nulle indication, M. Reynaud est un homme discret… Editeur de livres d’art au papier magnifique et à l’impression somptueuse, il s’attache aussi à rendre lisibles de très anciennes cartes maritimes ou de la région. Il montre le projet de fortification en étoile destiné à La Rochelle par Farry, lieutenant de Vauban. La réponse de celui-ci est restée célèbre, d’un laconisme brutal : « Trop tard, trop cher, trop grand. »

Librairie. A droite encore s’ouvre la rue Dupaty. Au numéro 7, une fabuleuse librairie éponyme recèle de vrais trésors, dont un Dans l’intimité de Pierre Loti (1903-1923), par un certain Gaston Mauberger… Y sera-t-il encore longtemps ?

Gargouilles. L’hôtel de ville nous attend, qu’il faut longer par la gauche, rue des Merciers, dont l’entrée est marquée par une magnifique façade Renaissance. Plus loin, au numéro 17, quelques gargouilles montent la garde contre le ciel.

Chaussures. Une rencontre surprenante, émouvante, nous attend un peu plus loin, au 36 bis de la même artère. Les Chaussures Denis. Non, ne partez pas ! Ce n’est pas une plaisanterie. Pénétrer dans le magasin de M. Denis, c’est changer de monde et d’époque, et cela fait du bien, vraiment. La maison fut fondée en 1860, la quatrième génération perpétue la tradition. Sabots, charentaises, galoches, mais aussi espadrilles de Mauléon, M. Denis, frêle et d’une mise impeccable, travaille sans caisse enregistreuse. Lorsqu’un nouveau client arrive, il prévient l’une de ses vendeuses à l’aide d’une sonnette discrète, et voilà la jeune fille qui sort de l’arrière-boutique. A l’ancienne…

Nouveau monde. Il est temps de prendre sur la gauche la rue Fleuriau pour rejoindre le musée du Nouveau Monde. Il évoque les heures sombres du grand commerce maritime rochelais et la vie tragique des esclaves au sein des plantations… On s’arrêtera longtemps dans le salon de l’Esclavage. Ses cartes, ses objets d’un monde perdu… On trouvera également de sublimes portraits d’Indiens par Edward S. Curtis…

Bunker caché. Enfin, sur le chemin du retour au port, dernière station rue des Dames. Cette ultime visite ne peut se faire qu’en groupe et accompagnés d’un guide, l’été *. Mais elle vaut le déplacement. Elle permet de pénétrer dans un bunker caché. Deux cent cinquante mètres carrés qui furent le repaire de l’état-major de la Kriegsmarine… Jean-Luc Labour, ancien directeur de l’office de tourisme de La Rochelle, en a fait un musée de la Seconde Guerre mondiale qui mêle vestiges nazis, propagande vichyste et résistance gaulliste. Une véritable leçon d’Histoire, de l’horreur à l’espoir.

in Lefigaro.fr

Le retour en grâce des Templiers

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La nouvelle de la publication d’un nouveau document relatif au procès des Templiers met tous les médias en émoi. Le scoop serait le suivant : en août 1308, le pape Clément V avait absous de leurs crimes cinq dignitaires de cet ordre. Parmi eux, le grand maître Jacques de Molay, qui finit sur le bûcher six ans plus tard (1314). L’Ordre du Temple, fondé au début du XIIe siècle à Jérusalem, avait pour vocation de protéger les pèlerins et de défendre les Etats latins de Terre sainte. Deux siècles plus tard, il avait la réputation de s’être excessivement enrichi (d’où le mythe de leur «trésor»), alors que sa mission se justifiait moins depuis la fin de la reconquête de la Terre sainte par les musulmans en 1291. Controverses et légendes nouées depuis sept siècles autour de l’Ordre du Temple ne sont sans doute pas étrangères au battage médiatique annoncé autour de cette «révélation».

L’un des derniers avatars des Templiers se trouve dans le Da Vinci Code de Dan Brown. Selon ce roman, Clément V aurait lui-même ordonné l’arrestation de ces chevaliers du Christ, en 1307, et le roi de France, Philippe le Bel, n’aurait été qu’un complice dans cette affaire. La réalité est tout autre. Le 25 octobre, l’Archivio Segreto Vaticano (1) et la maison d’édition Scrinium (2) présenteront «en avant-première mondiale», selon le communiqué de presse, la publication en fac-similé de l’ensemble des documents relatifs au procès des Templiers sous le titre Processus contra Templarios, (Le Procès contre les Templiers), 799 exemplaires (300 pages) seront mis en vente au prix de 5800 euros, le 800e étant destiné au pape Benoît XVI. Au cœur de cette publication, le parchemin de Chinon, un document (3) dont on connaissait l’existence par des copies ou des extraits.

Repentance. Il a été retrouvé en 2001, dans les archives vaticanes, par Barbara Frale, docteur de l’université de Venise et attachée à la prestigieuse Ecole vaticane de paléographie, diplomatique et archivistique. Il s’agit de l’original du procès-verbal des interrogatoires conduits en août 1308 par trois cardinaux, délégués par le pape à Chinon, au diocèse de Tours, dans la première phase du procès des Templiers. Les cinq chefs de l’ordre confirment leurs aveux, recueillis à l’automne 1307 sous la torture, par les agents du roi Philippe IV le Bel : ils ont renié le Christ «en parole» mais pas «de cœur» et ils ont craché sur le crucifix mais «à côté» ; ils nient avoir pratiqué la sodomie. Ayant fait acte de repentance, les cardinaux les absolvent, les réconcilient avec l’Eglise au nom du pape Clément, comme il était parfaitement normal alors. Barbara Frale a publié un livre en 2003 (Il Papato e il processo dei Templari. L’inedita assoluzione di Chinon alla luce della diplomatica pontificia, Rome, Viella, 2003) et un article en 2004 (Journal of Medieval Studies, vol. 30, juin 2004, pp. 109-134), de sorte que la communauté scientifique est bien au courant de sa découverte, depuis plusieurs années.

Absolution. «Ce document est important car les historiens ont toujours le souci de retrouver les originaux», souligne Alain Demurger, le spécialiste français des Templiers. Ce texte confirme la stratégie de défense adoptée par les Templiers : reconnaître leurs erreurs et ainsi sauver leur peau, grâce à une absolution ! Mais, selon lui, il ne modifie pas en profondeur l’analyse d’ensemble de l’affaire, qui se résume à quatre phases. En 1307, le roi de France prend l’initiative de faire arrêter et interroger les Templiers en raison de leur «mauvaise réputation». Il s’agit alors de faire pression sur le pape pour une tout autre affaire : ouvrir un procès posthume, destiné à prouver l’hérésie de son prédécesseur le pape Boniface VIII, coupable aux yeux du roi d’avoir voulu affirmer ses prérogatives à l’intérieur du royaume de France. Face à cette attaque, le pape reprend la main en 1308, en ouvrant une double procédure d’enquête : sur les Templiers et sur leur ordre. Le concile de Vienne, en 1311, ne conclut pas à l’hérésie des Templiers mais l’état de déliquescence de l’Ordre du Temple aboutit à sa suppression, sans jugement ni condamnation.

Dans ces circonstances, les Templiers qui ont reconnu leurs erreurs et fait repentance, dont Jacques de Molay, auraient dû être libérés et auraient pu terminer leurs jours paisiblement. Mais ils espéraient encore pouvoir s’expliquer devant le pape. Trois cardinaux sont envoyés à Paris en mars 1314 qui, après audition, les condamnent à la prison à vie. Face à cette sentence, deux d’entre eux, Jacques de Molay et Geoffroy de Charney, reviennent alors sur leurs aveux et nient tout en bloc : ils sont considérés comme relapses et le roi les envoie au bûcher.

La transcription du parchemin de Chinon est disponible depuis six ans déjà, ce n’est donc pas vraiment un scoop pour le landernau des médiévistes. Reste la capacité d’une institution vénérable, l’Eglise catholique, – en l’occurrence très cathodique – à répondre aux attaques les plus fantaisistes, et en l’espèce les plus injustifiées, en utilisant les médias, à la manière de ses détracteurs. L’opération de communication autour de la publication de ce précieux ouvrage en est un parfait exemple.

(1) http://asv.vatican.va

(2) http://www.scinium.org)

(3) Archivio Segreto Vaticano, Archivium Arcis, Armarium D. 217, parchemin mm 685 x 575.

Isabelle Heullant-Donat université de Reims – Champagne Ardenne