Flaran : l’abbaye qui défie le temps

Posted on Updated on

1488

Par un de ces miracles qu’il ne convient pas d’expliquer mais de constater, la Révolution française chassa les moines mais préserva les bâtiments. Aussi, pour les spécialistes de l’architecture cistercienne, le cloître, l’église et la salle capitulaire sont parmi les mieux conservés d’Europe. C’est également un des plus riches complexes d’art cistercien. Historiquement Flaran aurait été un rempart du christianisme.

A cette époque où l’on navigue la Baïse, le site est un carrefour de communications. Marchands, pèlerins en route vers Saint Jacques, colporteurs mais aussi probablement quelques prédicateurs cathares. La Gascogne est accueillante et bavarde. Il convenait peut-être de remettre un peu d’ordre dans toutes ces théories. Pour frapper les esprits, les moines construisirent Flaran.

Aujourd’hui on peut découvrir, un cloître de bonnes dimensions, au cœur d’une abbaye qui s’articule tout autour. Un réfectoire immense, un dortoir des moines unique en son genre, une salle capitulaire impressionnante et une chapelle aux dimensions de petites cathédrales… Flaran est comme étrangère au temps qui passe. Une architecture qui en fait un véritable hymne à la pierre né de l’harmonie qu’ont su dégager des architectes de génie. Une rose dans le jardin de Gascogne. Une harmonie, véritable chant de la pierre au beau que cette abbaye cistercienne.

On se perd en conjoncture sur la nécessité de son implantation, au pied de la bastide de Valence-sur-Baïse, au bord de cette rivière, véritable ouverture du pays sur le monde.

Car il fallut, en 1151, quand elle fut fondée, que tout le monde s’y mette pour faire naître l’abbaye. Les comtes du Fezensac fournirent les terres… l’Eglise dut aller chercher les moines à l’abbaye d’Escaladieu dans les Hautes-Pyrénées, il fallut lever quelques dîmes supplémentaires. Les gens d’Eglise étaient pourtant très bien implantés dans ce secteur avec le très riche évêché de Condom. Mais elle pensait devoir renforcer son implantation.

Les petits secrets de l’abbaye
Texte mais surtout, en 1569, les destructions commises par les troupes de Montgomery laissèrent de gros dégâts sur l’ensemble des bâtiments. On pense qu’une partie aurait pu être incendiée. Vendue après la révolution elle servit de bâtiments agricoles à une riche exploitation.

Le dortoir des moines. Aujourd’hui en cous de restauration pour abriter une exposition de peinture contemporaine, le dortoir des moines date du XIIIe siècle et a toujours conservé ses fenêtres romanes. Une partie était divisée en cellules avec des fenêtres à meneaux. Une galerie conduisait au logis abbatial et à une cellule plus riche que les autres que l’on suppose être celle du prieur.

Le jardin des moines. Comme tous les monastères ou abbaye Flaran avait son jardin de plantes médicinales et aromatiques, les simples. Il a été reconstitué à Flaran, en 1987. Historiens, architectes et horticulteurs se sont concertés pour tenter de s’approcher au plus près de la réalité du Moyen Age. Le jardin a été reconstitué selon le plan le plus simple et le plus répandu à cette époque. Une quinzaine d’essences différentes sont présentes dans le jardin, camomille, marjolaine, mais aussi sarriette et romarin.

Reliquaire. Certains ont aussi parlé de ce site comme d’un reliquaire d’art avec ce musée unique en France, des pèlerinages de Saint Jacques de Compostelle. Les très riches chapiteaux du cloître sont à eux seuls le plus merveilleux livre de l’histoire religieuse des moines de Saint Bernard et des dernières années de l’ordre des templiers.

Mosaïque gallo-romaine. Pour la construction de leur abbaye, les moines cisterciens ont récupéré des restes mis en valeurs d’une villa gallo-romaine avec de très belles colonnes de marbre.

in Ladepeche.fr