La Loire de relais en châteaux

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Grâce à quelques passionnés, dormir dans un château de la Loire est devenu un rêve accessible… à ceux qui en ont les moyens.

E lles étaient des maisons de rêve, impossibles à habiter si l’on n’était ni roi ni seigneur. Des hôteliers amateurs les ont conquises à leur manière et les ont offertes au plus grand nombre. Ainsi les Capron dans les années 50, qui acquièrent la Tortinière, à Montbazon, aux environs de Tours et à fleur d’Indre. La demeure a le charme de toujours. Ils en font une résidence romantique pour une nuit ou plusieurs, où l’on mange délicieusement.

Au tout début des années 60, leur gendre, Jo Olivereau, les rejoint. Il a acquis une expérience, imbattable, de voyage intrépide d’un continent à l’autre. Exportateur en automobiles, il devient hôtelier par amour et passion. Parce qu’il a épousé Denise Capron et parce qu’il a pratiqué l’hôtellerie internationale en tant que client. « Nous ne voulions pas répéter les erreurs de nos prédécesseurs, mais simplement faire de l’hôtellerie à l’échelle humaine. » A la même époque, Paul Dubrulle, étudiant aux Etats-Unis qui a vu prospérer Holiday Inn, aura l’idée de créer Accor en France. Jo, visionnaire à la campagne, donnera son essor aux Relais & Châteaux.

Il préside d’abord, et depuis 1970, la chaîne des Relais de campagne. Pour agrandir son oeuvre, il n’a que l’Indre à traverser. Mais son beau-père est fâché avec René Traversac, propriétaire de son concurrent et voisin vis-à-vis, le Mas d’Artigny, qui préside la chaîne rivale des Châteaux-hôtels. Grâce à son ami Alain Rabier, qui est le directeur d’Artigny, il accomplit les travaux d’approche qui dureront deux longues années. En 1974, la fusion est scellée : Olivereau et Traversac créent, avec les Relais gourmands de Pierre Troisgros, la chaîne des Relais & Châteaux appelée à devenir « la plus belle chaîne du monde ». Le Val de Loire est sinon son berceau – elle est née sur la N7, en 1954, entre Les Templiers des Bézards, près de Montargis, et La Cardinale à Baix, en Ardèche, de Nelly et Marcel Tilloy -, du moins comprend-elle la plus forte de densité de châteaux-hôtels.

« Les caciques de l’hostellerie se moquaient de ces hôteliers d’opérette qui n’avaient même pas fait l’école hôtelière », se souvient Jo Olivereau. René Traversac était ingénieur. Il collectionnera les châteaux avec passion : après Artigny à Montbazon, bâti à deux pas d’Azay-le-Rideau par le parfumeur François Coty dans le plus pur style XVIIIe, il achètera le prieuré de Chênehutte-les-Tuffeaux près de Saumur, le domaine de Beauvois à Luynes, Choiseul à Amboise, mais aussi Esclimont, ancienne demeure des La Rochefoucauld-Bisaccia en Eure-et-Loir.

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Le jeune Philippe Mollard, né en 1950, dont les parents possédaient la brasserie du même nom face à la gare Saint-Lazare, s’offrira, pour une bouchée de pain – nous sommes dans les années 70 -, le magnifique château de Marçay, une demeure conte de fées près de Chinon, avant Noizay, près de Tours, puis Les Hautes Roches, un amusant domaine troglodytique à Rochecorbon, près de Vouvray. Leur exemple fera école.

Près de Chaumont-sur-Loire, à Onzain, les Bonnigal feront du domaine des Hauts de Loire une des grandes tables du Val. Et Jean Bardet, s’installant à Tours, acquerra le discret château Belmont. D’autres castels, gentilhommières et nobles demeures, entre Langeais et Blois, Joué-lès-Tours et Montrichard, se transformeront en hôtels. Ainsi Beaulieu, Rochecotte, Pray ou Chissay.

Le TGV a rapproché la Loire de Paris, faisant de cette destination « exotique » une terre de court séjour par excellence. Beaucoup de châteaux-hôtels se sont transformés en boîtes à séminaires. Mais leur magie demeure. « Faire rêver, note Philippe Mollard , voilà notre travail. Nous ne nous contentons pas de vendre des repas ou des nuitées. Nous sommes des marchands de rêve, des pourvoyeurs de légendes. »

Mas d’Artigny, rue de Monts, 37250 Montbazon, 02.47.34.30.30.

Château de Marçay, près de Chinon, 37500, 02.47.93.03.47.

Hôtel-restaurant Jean Bardet, château Belmont, 57, rue Groison, 02.47.41.41.11.

One thought on “La Loire de relais en châteaux

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    June 19, 2007 at 12:18 am

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